Les indices de phosphate de la région de Souk Ahras, caractérisation sédimentologique et géochimique
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Date
2026
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Université Badji Mokhtar Annaba
Abstract
Les indices de phosphate de Souk Ahras, situés au nord-est de l’Algérie, appartiennent à la province phosphogène éocène de la marge sud de la Téthys. Structurellement, ils appartiennent à la partie orientale de la zone des nappes de la chaîne des Maghébides, Afrique du nord. Ces phosphates se sont déposés durant l'Yprésien, et coïncident bien avec les événements du maximum thermique de l'Éocène (Eocène Thermal Maximum 2 et 3 (ETM2 et ETM3)), parmi des événements hyperthermiques mondiaux les plus marquants du Paléogène. Les études pétrographiques, minéralogiques et géochimiques révèlent qu’ils se distinguent nettement des autres gisements phosphatés situés autour de la Paléo-île de Kasserine, tout au sud, et de ceux de la province phosphogène de l’Afrique du Nord et du Moyen Orient.
Les analyses pétrographiques montrent que ces phosphates sont principalement composées de pellets, de coprolithes, de pseudo-oolites avec des noyaux bioclastiques ou des tests de foraminifères planctoniques et de glauconite, alors que les investigations minéralogiques révèlent la présence d'une association composée principalement de carbonate fluor-apatite (CFA), de calcite et de rare quartz. L'enrichissement en matière organique, en sulfures (pyrite) et en glauconite indique un environnement réducteur, très probablement lié à l'événement
Eocène Thermal Maximum 2 (ETM2) qui a prévalu pendant le dépôt de ces phosphates yprésiennes. Les teneurs élevées en Si, Al, Fe, Mg et K observées dans les phosphates étudiés constituent également une caractéristique de l’événement ETM2. Elles ont largement contribué à la formation de la glauconite, au développement des particules phosphatées, ainsi qu’aux processus de glauconisation et de cimentation glauconitique au sein de ces phosphates. La teneur en éléments sensibles à l'oxydoréduction, qui est également légèrement supérieure à celle enregistrée dans d'autres phosphates téthysiennes, plaide en faveur d'un environnement plus réducteur.
Par ailleurs, les caractéristiques texturales ainsi que la distribution des teneurs en terres rares dans ces phosphates témoignent d’un environnement de dépôt peu profond, oxygéné et ouvert.
Ces données contrastées suggèrent l’influence d’apports d’eaux ascendantes au sein des bassins phosphatés. Ces apports pourraient également rendre compte de plusieurs paramètres géochimiques liés aux terres rares, tels que (1) la teneur similaire en ƩETRs de ces phosphates, malgré leur enrichissement en glauconite, à celle des phosphates du bassin nord de la région de Tébessa ; (2) l'anomalie Ce plus prononcée ; (3) la teneur légèrement plus élevée en HREE ; et (4) le taux de sédimentation rapide observé à partir des données sur l'anomalie Nd vs Ce.xvi
En plus de leur enrichissement en éléments de terres rares (ƩREE jusqu’à 400 ppm), les phosphates de la zone de nappe enregistrent aussi les événements thermiques maximaux les plus marqués de la transition Paléocène–Éocène, en raison de leur position paléogéographique ouverte vers l’océan Téthys, contrairement aux phosphates du sud de l’Algérie et de la Tunisie déposés dans un environnement plus confiné autour de la Paléo-île de Kasserine.
Description
Keywords
Glauconitisation; evénement ETM2; terres rares