Modélisation de l’intrusion marine dans l’aquifère côtier d’Annaba. Apport des analyses salinométriques
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Date
2016
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La région d‘Annaba, située dans la partie Nord Orientale de l‘Algérie, renferme dans son
sous-sol des ressources en eau assez importantes qui représentent un grand intérêt pour
l‘alimentation des populations en eau, pour l‘agriculture et l‘industrie. Ce site subit aujourd‘hui
une pression anthropique progressive qui devient inquiétante. En effet, l‘exploitation en continu de
la nappe a entraîné une dégradation de la qualité des eaux et a influencé négativement l‘équilibre
hydrodynamique de l‘aquifère. Elle a eu également pour conséquence l‘apparition de biseaux salés
menaçant même à brève échéance et l‘exploitation de la nappe et le bon fonctionnement des zones
humides.
Sur la base des résultats analytiques obtenus pour des séries d‘échantillonnages, de
périodicité plus au moins régulière, réalisés sur les principaux réseaux de mesure, nous avons tenté
d‘identifier les principaux facteurs qui influencent l‘évolution de la qualité physico-chimique des
eaux et de délimiter l‘avancée du biseau salé.
Dans cette recherche, les modèles de simulation numérique se sont avérés comme des outils
très performants pour comprendre le fonctionnement hydrodynamique des aquifères de la région
d‘Annaba, située au Nord Est de l‘Algérie, en tenant compte des hétérogénéités des milieux. Ils
ont permis également de mettre en évidence une vulnérabilité des aquifères dans les secteurs
côtiers où l‘on observe des débits entrants par la mer et des flux de concentration en chlorures
assez importants. Les impacts négatifs sur les eaux souterraines et sur les écosystèmes peuvent
devenir catastrophiques si aucune mesure n‘est prise pour juguler le problème.
Les modèles basés sur les réseaux de neurones artificiels sont apparus comme un moyen très
puissant pour élaborer des relations prévisionnelles entre les différents indicateurs de la gestion
des ressources en eau dans la région.
Dans ce contexte de forte demande en eau, seule une démarche intégrée offre la possibilité
de gérer ces ressources dans le respect du milieu naturel, des intérêts des citoyens et de ceux des
acteurs économiques. Les recherches effectuées répondent à cette nécessité d‘intégration, depuis la
localisation et l‘évaluation des ressources souterraines, jusqu‘à la protection de leur qualité, mais
tout en évaluant les éventuels effets néfastes. Dans cette recherche, un nouveau modèle de gestion
intégrée de l'eau a été développé basé sur la relation de cause à effet abordant le cycle entier de
l'eau. Des variables hydrologiques ont été développées et classées en cinq catégories qui sont
d'ordre socio-économique, des contraintes de pollution, de qualité de l'eau, d'impact de l'activité
humaine et de la gestion de l'espace urbain et agricole. Les variables pertinentes ont été
caractérisées en utilisant les réseaux de neurones artificiels. Il a été démontré qu'une combinaison
de mesures pratiques est nécessaire pour assurer la gestion durable de l'eau.
La gestion des ressources en eau dans le bassin de l‘oued Seybouse est étroitement soumise
à des conflits d'usage dans la région. L‘augmentation rapide de la population et l‘expansion des
secteurs agricoles et industriels entraînent une demande toujours croissante de nouvelles
ressources en eau. Dans cette recherche, le système d‘évaluation et de planification de l'eau
(WEAP), a été développé pour simuler les bilans hydriques actuels et évaluer les stratégies de
gestion des eaux dans la région d'Annaba. WEAP traite la demande en eau et les problèmes
d'approvisionnement d'une manière globale et intégrée. La méthode des scénarios permet une
représentation flexible des conséquences des modes de développement alternatifs et dynamique de
l'offre. Cette recherche décrit ensuite quatre scénarios alternatifs d'approvisionnement en eau pour
la région étudiée : l‘augmentation de l‘utilisation des eaux usées traitées pour l'irrigation, le
changement climatique, et deux scénarios en combinant changement climatique et réutilisation
croissante des eaux usées et modification des modes de l'agriculture pour calculer l'impact sur
l'écart entre l'offre de la demande d'ici l'an 2050.