Mémoires de Licence

Permanent URI for this collection

Browse

Recent Submissions

Now showing 1 - 1 of 1
  • Item
    Évaluation de la qualité de vie chez les patients traités pour cancer de la prostate Étude transversale descriptive
    (university badji mokhtar-faculté de medecine Annaba, 2026) CHETTIBI Nada Sarab,KHALDI Hana ,DIBES Hind
    La thérapie de privation androgénique demeure la pierre angulaire de la prise en charge du cancer de la prostate avancé. Son efficacité carcinologique n’est pas discutable ; le prix fonctionnel, psychologique et sexuel auquel elle se paie l’est encore trop peu. Ce travail apporte, sur une série de quarante patients suivis au CHU d’Annaba en avril 2024, une mesure de ce prix. Le score total du FACT-P s’établit à 84,3 sur 156, soit à peine plus de la moitié du maximum atteignable. Les deux dimensions les plus atteintes sont les préoccupations spécifiques de la maladie et le bien-être émotionnel, cette dernière comptant aussi le plus grand nombre de formes sévères. Trois patients sur quatre souffrent de bouffées de chaleur après plus de deux ans de traitement en moyenne, c’est-à-dire à un stade où ces symptômes ne régressent plus spontanément. Et la fonction érectile est altérée chez près de neuf patients sur dix. Un résultat mérite d’être isolé, car il porte moins sur la maladie que sur notre façon de l’interroger. Mesurée par un questionnaire validé, la dysfonction érectile concerne 89 % des patients ; recherchée par une simple question ouverte, la perte du désir sexuel n’est rapportée que par 32,5 % d’entre eux. Sous castration efficace, cet écart ne s’explique pas entièrement par la différence entre les deux phénomènes. Il indique que ce que nous ne demandons pas de façon structurée, nos patients ne nous le disent pas. Ces résultats ne sont pas des surprises : ils reproduisent, dans une population algérienne, ce que la littérature internationale décrit depuis deux décennies. Leur intérêt est ailleurs. Ils établissent que ce retentissement existe bien chez nos patients, dans notre système de soins, et qu’il n’y était jusqu’ici ni mesuré ni pris en charge. Or le cancer de la prostate est devenu le premier cancer masculin à Alger, son incidence augmente de façon hautement significative depuis vingt-trois ans, et il est diagnostiqué à un âge médian de 72 ans [1]. La population concernée s’élargit, elle vit plus longtemps sous traitement, et elle vieillit sous castration. Dans ce contexte, le contrôle tumoral et la survie ne peuvent plus constituer les seuls critères de jugement de notre efficacité médicale. Les recommandations européennes définissent déjà, au grade fort, ce qui devrait accompagner toute prescription prolongée d’analogues de la LH-RH : un programme d’exercice supervisé associant travail aérobie et travail en résistance, une supplémentation en calcium et en vitamine D, une évaluation de la densité minérale osseuse, un dépistage du diabète et des anomalies lipidiques, et une réhabilitation pluridisciplinaire couvrant l’incontinence, la sexualité et la dépression [11]. Le bénéfice de l’exercice sur la qualité de vie est quantifié, et il l’est sur l’instrument même que nous avons employé [15]. Rien de tout cela n’exige des moyens dont notre service ne dispose pas. Ce qui manque n’est pas la ressource : c’est la mesure. On ne prend pas en charge ce qu’on ne mesure pas — et, comme le montre l’écart relevé plus haut entre le questionnaire et la question ouverte, on ne mesure pas ce qu’on se contente de demander en passant. L’évaluation systématique de la qualité de vie par des instruments validés, intégrée à la consultation de suivi au même titre que le dosage du PSA, est la première étape d’une prise en charge véritablement centrée sur le patient. C’est la recommandation que ce travail entend porter.