Suppurations pharyngées et para-pharyngées : Etude anatomo clinique et traitement
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Date
2026-07
Authors
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Publisher
university badji mokhtar-faculté de medecine Annaba
Abstract
Les suppurations pharyngées et para-pharyngées constituent une urgence médico-chirurgicale redoutable en Oto-Rhino-Laryngologie, en raison de la complexité anatomique des espaces profonds du cou et de leur potentiel de propagation rapide vers des zones vitales telles que le médiastin. Notre étude rétrospective, menée au CHU Dorban d'Annaba sur une période de cinq ans (2020-2025) et portant sur 60 patients adultes, nous a permis de dresser un état des lieux des caractéristiques épidémiologiques, cliniques, paracliniques et thérapeutiques de ces infections dans notre contexte hospitalier. Les résultats de notre travail ont mis en évidence plusieurs points essentiels. Sur le plan épidémiologique, la population étudiée était composée d'adultes jeunes, avec un âge moyen de 34,8 ans et une répartition parfaitement équilibrée entre les sexes (sex-ratio de 1). L'abcès péri-amygdalien représentait le diagnostic le plus fréquent, avec 83,3% des cas, confirmant sa nette prédominance chez l'adulte par rapport aux abcès rétro-pharyngés (11,7%) et para-pharyngés (5%). Cliniquement, la triade symptomatique caractéristique était dominée par l'odynophagie (90%), la dysphagie (81,7%) et la fièvre (75%), avec un trismus présent dans plus de la moitié des cas (53,3%), témoignant de l'intensité du processus infectieux. Sur le plan des facteurs de risque, le diabète était le principal antécédent identifié (15% des patients), soulignant la nécessité d'une vigilance particulière chez ces patients. L'analyse des données d'imagerie a montré un recours modéré à la tomodensitométrie cervico-thoracique (23,3%), ce qui suggère que les formes simples et typiques de PPA sont majoritaires dans notre cohorte, mais souligne également la nécessité de préciser les indications de l'imagerie dans les formes sévères ou atypiques. La prise en charge thérapeutique reposait sur une antibiothérapie intraveineuse probabiliste associant une céphalosporine de 3ème génération au métronidazole, couvrant efficacement le spectre aéro-anaérobie de la flore oropharyngée. L'une des limites majeures de notre étude réside dans l'absence de données fiables concernant le geste chirurgical. En effet, la case "Drainage chirurgical" n'était que très rarement renseignée dans les fiches de recueil, ce qui nous empêche de quantifier avec certitude le nombre de patients ayant bénéficié d'un drainage. Cette absence de traçabilité constitue un frein à l'évaluation de notre pratique par rapport aux recommandations actuelles qui préconisent le drainage pour les abcès constitués de l'adulte. Il est toutefois très probable que la majorité des patients aient été drainés, comme en témoigne la pratique clinique courante. Les complications graves étaient rares dans notre série, avec une médiastinite descendante observée chez un patient et une épidurite chez un autre, cette dernière ayant évolué vers le décès du patient (mortalité de 1,7 %). La durée moyenne d'hospitalisation, de 6,8 jours (médiane : 5 jours), témoigne d'une prise en charge efficace dans la majorité des cas, quelques séjours prolongés ayant tiré la moyenne vers le haut. Notre travail s'inscrit dans une démarche d'évaluation des pratiques et d'optimisation des stratégies thérapeutiques. Il met en lumière plusieurs pistes d'amélioration pour la prise en charge des suppurations pharyngées au CHU Dorban. La mise en place d'un protocole standardisé incluant un prélèvement bactériologique systématique lors de tout drainage permettrait de créer une base de données microbiologique locale, d'adapter l'antibiothérapie et de lutter contre l'antibiorésistance. L'amélioration du recueil des données, notamment par la standardisation des comptes-rendus opératoires avec mention obligatoire du geste réalisé, de la voie d'abord et de la quantité de pus évacuée, est indispensable pour permettre des
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évaluations futures plus rigoureuses. Enfin, une étude prospective multicentrique incluant la mesure systématique du diamètre des collections à l'imagerie pourrait identifier des facteurs prédictifs du recours à la chirurgie et contribuer à une meilleure stratification des patients. Les suppurations pharyngées et para-pharyngées restent des pathologies sévères dont la prise en charge nécessite une approche multidisciplinaire impliquant ORL, radiologues, réanimateurs et infectiologues. Le diagnostic précoce, l'imagerie adaptée, l'antibiothérapie probabiliste à large spectre et le drainage chirurgical lorsqu'il est indiqué demeurent les piliers d'une prise en charge optimale. Notre étude, malgré ses limites, apporte une contribution utile à la connaissance de ces affections dans notre contexte algérien et souligne l'importance d'une amélioration continue de nos pratiques pour réduire la morbi-mortalité de ces infections potentiellement mortelles.