Gestion des antibiotiques chez le malade de réanimation avec insuffisance rénale aiguë
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Date
2026-07
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Publisher
university badji mokhtar-faculté de medecine Annaba
Abstract
Il est nécessaire de mettre en oeuvre des moyens d’optimisation thérapeutique efficaces en réanimation, où les antibiotiques représentent la meilleure arme actuellement, mais ceux-ci deviennent dangereux entre les mains de praticiens confrontés à des modifications pharmacocinétiques complexes et inédites.
Malgré les recommandations relativement claires sur les adaptations posologiques classiques, ces produits chimiques sont manipulés, prescrits et ajustés sans protocoles formels et standardisés face aux défaillances d’organes. Ces constatations montrent que les services de soins intensifs sont actuellement confrontés à une problématique clinique majeure. On peut parler sans risque de dramatiser, de péril « d'instabilité pharmacocinétique » qui vient s’ajouter aux autres fléaux traditionnels de la réanimation : le choc septique, les défaillances multiviscérales et l'insuffisance rénale aiguë précoce. Il n’est cependant pas question, du moins pour le moment, de se passer de l’emploi de ces antiinfectieux dont les bienfaits sont incontestables dans le domaine du contrôle des foyers infectieux graves. Il faut néanmoins que les autorités sanitaires et hospitalières prennent conscience qu’il s’agit là de produits hautement toxiques par définition puisqu'ils peuvent par la même occasion induire des néphrotoxicités sévères ou des sous-dosages critiques chez l’homme. L’effort doit porter non seulement sur l’instauration d’une réglementation rigoureuse visant à encadrer l’ajustement des doses selon la fonction rénale résiduelle, mais également sur la formation des prescripteurs aux subtilités de l'épuration extrarénale (EER) afin de limiter sinon d’enrayer complètement les échecs thérapeutiques provoqués par ces décalages posologiques. Aussi, un effort dans la formation continue du personnel médical doit être entrepris pour prévenir
et traiter ces anomalies cinétiques dans des unités de réanimation qu'il faut doter de techniques de suivi thérapeutique pharmacologique (STP), ou dans les autres établissements de soins qui doivent pouvoir disposer de dosages plasmatiques en temps réel afin de mieux prendre en charge ces malades.
31 En plus, faudra-t-il intégrer des protocoles spécifiques de dosage dans les services hospitaliers qui doivent disposer d’une documentation actualisée et constamment tenue à jour de ces molécules, et de leurs propriétés d'épuration. Ces services doivent en outre assurer en permanence des évaluations cliniques sur le diagnostic et le traitement de l'insuffisance rénale induite ou compliquée, de pratiquer des enquêtes épidémiologiques et promouvoir des recherches de pharmacovigilance pratiques et aussi de fournir les renseignements rapides à toutes autorités compétentes sur l’efficacité ou la toxicité de
tel ou tel protocole. Enfin, notons la nécessité de la collaboration, auprès du médecin réanimateur, d’un pharmacologue clinicien et d’un biologiste, qui doivent être à proximité de l’unité de soins intensifs et prendre ultérieurement le suivi cinétique de ces patients dont la trajectoire évolutive est nettement rédominante. Ces mesures ainsi prises, nous pourrions alors contrôler, voir, éradiquer ce « péril iatrogène et d'échec thérapeutique » et promouvoir notre pratique de soins critiques vers de nouveaux horizons, tout en préservant l'intégrité et la fonction rénale de l’homme