Dynamique et essai de reconstitution de quelques milieux humides tourbeux de la Numidie Occidentale (complexe de Guerbès-Senhadja) au cours de l’Holocène récent et implication pour la conservation : cas de l’Aulnaie Bouchagora et de l’Eriçaie/prairie humide Sidi Freitis
No Thumbnail Available
Date
2017
Authors
Journal Title
Journal ISSN
Volume Title
Publisher
Abstract
Longtemps laissées pour compte, parce qu’improductives et victimes de leur mauvaise
réputation, les zones humides sont aujourd’hui reconnues comme de hauts lieux de la
biodiversité animale et végétale. Pour autant, ces milieux demeurent mal connus du grand
public et sont encore trop souvent sujettes à de fortes pressions anthropiques susceptibles
d’engendrer des dysfonctionnements au niveau de leur structure.
Ainsi, les complexes humides de Numidie (Maghreb Nord-Oriental) abritent des milieux
tourbeux dont l’histoire est très mal connue. Particulièrement, le complexe de zones humide
de Guerbès-Senhadja, siège d’une biodiversité exceptionnelle, formant une mosaïque de
biotopes remarquables. Des études palynologiques ont été réalisées dans une aulnaie et une
ériçaie tourbicole du complexe de Guerbès-Senhadja, dans le but de préciser leur origine, leur
histoire et leur signification paléoécologique. Les séquences étudiées remontent à 8000 et
5300 ans, respectivement pour l’ériçaie et l’aulnaie. L’ériçaie à Erica scoparia, jamais décrite
sur le plan phyto-sociologique, apparaît comme une formation ancienne et bien préservée, à
très fort enjeu conservatoire. L’aulnaie a en revanche une origine récente (< 2000 ans),
possiblement en lien avec une (ré-)immigration Holocène de l’aulne depuis l’Europe
Méridionale. Les dégradations anthropiques très fortes subies par les milieux étudiés au cours
des dernières années rendent urgentes l’implémentation de mesures conservatoires drastiques
dans le but de préserver les derniers vestiges régionaux de ces milieux humides patrimoniaux