Etude du stress éco-physiologique par la pollution métallique chez la Mésange bleue (Cyanistes cæruleus ultramarinus) : recherche d’un gradient de contamination en fonction du degré d’urbanisation du milieu.
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Date
2016
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Abstract
L’hypothèse d’une contamination différentielle par les éléments trace métalliques
(ETM), selon un degré d’artificialisation du milieu, d’un modèle biologique : la Mésange
bleue ; nous a conduit à effectuer des mesures sur différentes variables de ses traits
d’histoire de vie (THV). La reproduction, la morphométrie des femelles adultes, des œufs,
des pulli ; soit une cinquantaine de variables ont fait l’objet de mesures précises et
nombreuses sur 4 années d’étude (2005-2006-2007-2008), dans un habitat urbain (Annaba),
un habitat périurbain (El-Hadjar) et un habitat forestier témoin (Parc National El-Kala). A
cela, 48 dosages du plomb et du cadmium dans les organes et les phanères des femelles et
des pulli ainsi que dans les œufs ont été effectués dans un laboratoire certifié en France. La
présente étude vise à vérifier si la contamination métallique a une incidence sur la biologie
de la reproduction de l’espèce, la croissance des pulli.
Les analyses statistiques ont été basées sur une approche exploratoire des données par
analyse en composantes principales des tableaux de données, puis par comparaison des
données inter-habitat par analyse de la variance. Nous avons par la suite opéré par
corrélation entre les variables «THV–morphométrie » et « concentration ETM » pour vérifier
l’impact de la contamination par les ETM.
Les mesures effectuées sur les traits d’histoire de vie, date de ponte, grandeur de ponte,
nombre de pulli envolés, succès de la reproduction, morphométrie des femelles, des œufs et
des pulli font apparaître des différences significatives inter-habitat, pour plusieurs variables.
D’une manière générale nous observons une qualité de la reproduction meilleure en habitat
forestier, qu’en habitat périurbain et urbain. L’habitat urbain étant entaché des
performances les plus faibles tants dans les variables de reproduction que dans la
morphométrie des femelles et des pulli qui semblent en moins bonne condition
physiologique qu’en habitat forestier (poids-longueur des tarses plus faibles). Les dosages
des ETM font ressortir que, d’une manière générale, les échantillons dosés : foie, sang, reins,
rectrices, œufs, proies ; sont caractérisés par des concentrations de plomb en milieu urbain
jusqu’à 5 fois supérieures qu’en milieu périurbain et jusqu’à 9 fois supérieures qu’en milieu
forestier. Les dosages de cadmium, généralement sous la limite de détection, n’ont pas
révélé de différences notables à l’exception d’une légère contamination des proies et du foie
des pulli dans l’habitat périurbain d’El-Hadjar. Par ailleurs, le dosage des ETM dans les proies
révèle sans ambiguïté une voie de contamination trophique des pulli.
L’ensemble des résultats montre que la pollution métallique, notamment celle du plomb,
n’est pas sans conséquence sur la biologie générale de cette espèce, même si celle-ci dispose
de puissants mécanismes physiologiques de détoxification.